Lauréats des prix en 2011


Membre honoraire de la SSC

Titre de membre honoraire de la SSC décerné à  Constance van Eeden

Constance van Eeden

Constance van Eeden, professeure émérite à l’Université de Montréal, professeure associée à l’Université du Québec à Montréal et professeure honoraire à la University of British Columbia, s’est vu décerner le titre de membre honoraire de la Société statistique du Canada. Cette distinction, annoncée lors du congrès annuel de juin 2011 de la Société à Wolfville (N-É), salue les contributions exceptionnelles de la professeure van Eeden au développement des sciences statistiques au Canada.
 
Constance van Eeden est née le 6 avril 1927 à Delft, aux Pays-Bas. Son père était enseignant au secondaire. En 1934, sa famille a déménagé à Bergen-op-Zoom, où Constance a étudié de la 2e à la 6e année, puis au secondaire jusqu’en 1944. Ensuite, elle est partie étudier à Amsterdam, la capitale, obtenant un B.Sc. (1949), un M.Sc. (1954) et Ph.D. (1958, avec distinction) de l’Université d’Amsterdam. Elle a rédigé sa thèse sous la supervision du légendaire David van Dantzig.
 
Sa carrière universitaire couvre un demi-siècle et trois nations : les Pays-Bas, les États-Unis, puis le Canada où elle a réalisé la plupart de ses travaux. Elle a débuté comme associée de recherche au Centre mathématique d’Amsterdam (1954-60). Sur l’invitation de Herman Rubin, elle a visité la Michigan State University à titre de professeure agrégée invitée (1960-61). Elle a ensuite travaillé à la University of Minnesota comme associée de recherche (1961-64) et professeure agrégée (1964-65).
 
En 1965, van Eeden et son mari, feu Charles H. Kraft, dont la passion commune pour les mathématiques et la statistique les a menés à de nombreuses collaborations fructueuses, ont décidé de déménager au Canada et se sont installés à Montréal. Cette décision a été motivée en grande partie par de chaleureuses invitations de la part de Jacques Saint-Pierre, Maurice L’Abbé et Anatole Joffe. Sa longue association avec l’Université de Montréal a ainsi débuté en 1965, à titre de professeure agrégée (1965-68), de professeure titulaire (1968-88) puis de professeure émérite (1988-aujourd’hui). Après l’arrivée de Kraft et van Eeden, la ville a commencé à attirer la visite de statisticiens célèbres, dont Jerzy Neyman, Lucien Le Cam, Jaroslav Hájek, Herbert Robbins et Hermann Chernoff, et à s’animer d’événements scientifiques en statistique. Depuis sa retraite de l’Université de Montréal, van Eeden est restée active, détenant des positions de chercheure associée (1989-91) puis professeure associée (1991- aujourd’hui) à l’Université du Québec à Montréal, et de professeure associée (1989-95) puis professeure honoraire (1995- aujourd’hui) à la University of British Columbia.
 
La professeure van Eeden est une scientifique de renommée internationale, connue pour ses importantes contributions dans les domaines de l’estimation dans les espaces de paramètres restreints, de la théorie de la décision, de la statistique non paramétrique et des procédures de sélection. Son travail révèle un grand courage intellectuel, de grandes compétences mathématiques et une grande originalité. On lui doit des fondements d’avant-garde en matière d’inférence dans les espaces de paramètres restreints avant que ce domaine n’attire l’attention des chercheurs. L’impact principal de ses travaux découle du fait que les procédures statistiques qui exploitent les restrictions de paramètres permettent d’importants gains en performance, par exemple une réduction significative de l’écart quadratique moyen des estimateurs par rapport à l’estimation non restreinte.
 
En collaboration avec son mari, feu Charles H. Kraft, Constance a aussi contribué à l’inférence statistique non paramétrique par des travaux de pointe. Pendant de longues années, « Kraft et van Eeden » étaient à la une de la discipline. Leur renommée n’a été qu’accrue par la publication de leur ouvrage novateur dans ce domaine : A Nonparametric Introduction to Statistics par C.H. Kraft et C. van Eeden, Macmillan Co., 1968.
 
L’enseignement et la supervision d’étudiants de cycle supérieur ont toujours été une priorité pour elle. À ce jour, van Eeden a supervisé 14 étudiants au doctorat et 19 étudiants en maîtrise. Nombre d’entre eux sont devenus des chercheurs chevronnés, de St. John’s (T-N-L) à Vancouver (C-B). Elle n’a jamais hésité à donner de son temps pour conseiller les jeunes chercheurs, que ce soit sur une question de recherche spécifique ou sur un choix de carrière.
 
Toujours soucieuse des détails, van Eeden est célèbre dans le monde de l’édition. Elle a été la rédactrice en chef de Statistical Theory and Methods Abstracts (1990-2004) et leur rédactrice régionale pour le Canada et les États-Unis (1994-2004). Elle a été membre du Comité de rédaction des Annals of Statistics (1974-77), de La revue canadienne de statistique (1980-94) et des Annales des Sciences Mathématiques du Québec (1986-98). Depuis 2006, Constance a été réviseure pour les Mathematical Reviews. Tout au long de sa carrière, van Eeden a siégé à de nombreux comités scientifiques et professionnels, dont le Comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG (1978-81) et son comité de sélection des bourses internationales (1990), le comité des fellows de l’IMS (1973-76) et son Conseil (1977-80), le Conseil d’administration de la Société mathématique du Canada (1981-83), le comité du Prix Noether (2001-03, 2004-06), ainsi que le comité des prix spéciaux de la SSC (1990-91) et le comité scientifique du congrès annuel de la Société tenu à l’Université Laval en 1987.
 
En reconnaissance de ses contributions, Constance a reçu de nombreux prix. Elle est fellow de l’Institut de statistique mathématique (1972), de l’Association des statisticiens américains (1972) et membre élue de l’Institut international de statistique (1978). En 1990, van Eeden s’est vu décerner la médaille d’or de la Société statistique du Canada, la plus haute distinction conférée par la Société. En 1999, l’Institut international de statistique lui a octroyé la médaille Henri-Willem-Methorst pour services insignes. L’IIS l’a aussi saluée avec un certificat de services en 2003. En 1998, le Département de mathématiques et de statistique de l’Université de Montréal a créé le Prix Constance-van-Eeden pour honorer ses contributions au développement de la statistique à l’Université de Montréal.
 
Dans un entretien paru dans Liaison en 2003, van Eeden a parlé de son adolescence pendant la Seconde Guerre Mondiale à Bergen-op-Zoom, aux Pays-Bas. Le jour de la Libération (27 octobre 1944) à Bergen-op-Zoom, Constance écrivait ses examens de fin d’études secondaires. Bertrand Clarke, l’interviewer, lui a demandé quels souvenirs elle avait de cette journée. Elle a répondu : « Je n’oublierai jamais le jour où les Canadiens sont arrivés. Il était deux heures du matin. J’ai entendu du vacarme dans la rue et ils étaient là. Mais nous savions déjà que les Alliés étaient en route. Nous les suivions en écoutant illégalement la BBC de Londres. La reconstruction après la guerre a duré bien plus longtemps qu’on ne le pense. Dans leur retraite, les Allemands avaient détruit tout ce qui aurait pu être utilisé contre eux. Le rationnement et les restrictions monétaires ont continué jusqu’au milieu des années 1950. »
 
Chaque année, Constance passe typiquement l’automne à UBC. Le reste du temps, elle vit aux Pays-Bas, à Broek in Waterland, village pittoresque d’environ 2 500 habitants et vieux de cinq cents ans, dans la région d’Amsterdam. Là-bas, elle est entourée de sa fille Kari, de ses frères et de ses nombreux neveux et nièces.
 
La citation du prix est la suivante :
 

« À Constance van Eeden, pour ses travaux fondamentaux d’avant-garde en statistique et estimation non paramétrique dans les espaces de paramètres restreints; pour la qualité de ses travaux de recherche, notamment dans le domaine de l’édition au Canada et ailleurs; pour avoir si généreusement conseillé et inspiré des générations entières de statisticiens. »  


Médaillé d'or de la SSC

Médaille d'or de la SSC décernée à Christian Genest

Christian Genest

Christian Genest, professeur à l’Université McGill, est le gagnant de la médaille d’or 2011 de la Société statistique du Canada (SSC). Ce prestigieux prix annuel vise à récompenser un probabiliste ou un statisticien canadien qui a contribué de façon substantielle au développement de sa discipline par des innovations méthodologiques et des applications.
 
Natif de Chicoutimi (Québec), Christian a étudié les mathématiques et la statistique à l’Université du Québec à Chicoutimi (BSpSc, 1977), à l’Université de Montréal (MSc, 1978) et à l’Université de la Colombie-Britannique (PhD, 1983). Sa thèse, rédigée sous la direction de Jim Zidek, a remporté le prix Pierre-Robillard. Christian a ensuite été stagiaire postdoctoral à l’Université Carnegie-Mellon (1983-4) et professeur adjoint à l’Université de Waterloo (1984-7) avant d’être embauché par l’Université Laval, où il a été successivement professeur adjoint (1987-9), agrégé (1989-93) et titulaire (1993-2010). Il a été recruté par McGill l’an dernier en vue d’occuper une chaire de recherche du Canada en modélisation de la dépendance stochastique. Depuis 1983, il a aussi été professeur invité à Bruxelles, Louvain-la-Neuve, Paris, Pau, Toulouse et Zürich, en plus d’avoir été associé pendant un temps à l’Institut national de la recherche scientifique (Québec, secteur eau, terre et environnement).
 
Depuis 28 ans, Christian a contribué de façon substantielle au développement de l’analyse multivariée, de la statistique non paramétrique, de la théorie de la décision de groupe et de l’analyse multicritère. Appelé à commenter sa production scientifique, il dit avec un brin d’humour qu’il ne s’attendait pas à trimer si dur pour devenir un « sans-papiers… » Il vient effectivement d’atteindre le plateau des « 100 papiers » dans des revues à comité de lecture, mais il a plus de 180 écrits à son actif si on tient compte de ses contributions à des livres, des actes de congrès et des magazines professionnels tel que Liaison. Plusieurs de ses articles ont paru dans les meilleures revues, dont Biometrika, Journal of Multivariate Analysis, Journal of the American Statistical Association, The Annals of Statistics et La revue canadienne de statistique (RCS). À ce jour, il a encadré ou co-dirigé 38 étudiants de 2e cycle, cinq doctorants (dont Jean-François Quessy, gagnant du prix Pierre-Robillard) et cinq stagiaires postdoctoraux.
 
Christian est largement reconnu pour son expertise en modélisation de la dépendance à l’aide de copules et nombre de ses écrits ont eu un impact significatif sur le développement du sujet. Ses premiers travaux ont contribué à conscientiser les statisticiens à l’importance des copules comme outil d’étude et de modélisation de la dépendance stochastique entre des variables continues. Ardent défenseur de l’inférence fondées sur les rangs, qui joue un rôle clef dans ce contexte, il a mis au point—avec ses proches collaborateurs—toute une batterie d’estimateurs, de tests et d’outils de sélection et de validation pour les modèles de copules qui sont maintenant très répandus, notamment en finance, en assurance et en hydrologie. Ces dernières années, Christian s’est aussi fait le promoteur de techniques non paramétriques en théorie des valeurs extrêmes et il s’emploie actuellement à étendre l’approche par copules à des situations faisant intervenir des données discrètes, sujettes à censure, dépendant du temps ou de covariables.
 
Si Christian est surtout connu pour ses travaux en modélisation de la dépendance, ses réalisations sont loin d’être limitées à ce domaine. Par exemple, il s’est longtemps intéressé aux méthodes de réconciliation d’avis experts. En plus d’avoir fourni des justifications bayésiennes et axiomatiques pour divers opérateurs de synthèse, il a signé avec Jim Zidek un influent article sur l’emploi d’experts qui a été très fréquemment cité et reste d’actualité plus de 25 ans après sa parution dans Statistical Science. Christian a aussi largement contribué à l’étude du procédé d’analyse hiérarchique, technique raisonnée pour la prise de décisions complexes. Ses travaux ont jeté les bases statistiques de ce populaire outil d’aide à la décision et ont montré sa filiation avec la théorie des comparaisons par paires.
 
Au fil des ans, les travaux de Christian lui ont valu moult prix et distinctions. Il a été nommé membre de l’Institut international de statistique (IIS, en 1992), ainsi que fellow de l’Association des statisticiens américains (1996) et de l’Institut de statistique mathématique (1997). En 1999, il a été le premier lauréat du prix CRM-SSC et a reçu le Summa de la recherche de l’Université Laval, où quatre titres de « professeur étoile » ont aussi souligné ses qualités pédagogiques.
 
Les membres de la SSC ont également appris à connaître Christian à travers ses contributions nombreuses et variées à la vie associative. Depuis 1980, il a été membre ou président d’une douzaine de comités, en plus de siéger au Conseil d’administration (1988-92) et au Comité exécutif (2006-9). Il a été président de la Société en 2007-8, ainsi que traducteur (1981-6, 1998-2008) et webmestre (1998-2010) pour la RCS. Son dévouement envers la SSC lui a d’ailleurs valu le prix pour services insignes en 1997. Toutefois, son engagement professionnel s’étend bien au-delà de notre organisation. Il a été, entre autres, directeur du programme de premier cycle en statistique de l’Université Laval (2002-6) et président de l’Association des statisticiennes et des statisticiens du Québec (2005-8). Au plan international, il a siégé pendant dix ans au Comité de sélection des lauréats du prix Jan-Tinbergen de l’IIS et pendant huit ans au Comité du prix Marie-Jeanne Laurent-Duhamel de la Société française de statistique (SFdS). De plus, il a présidé pour COPSS le Comité de sélection du conférencier Fisher.
 
L’engagement social de Christian et son influence professionnelle se sont aussi traduits par l’organisation d’ateliers et de congrès. Au cours de sa carrière, il a notamment été membre du Comité de programme de six congrès annuels de la SSC, de cinq Journées de statistique de la SFdS, de sept symposiums sur la modélisation statistique et les lois à marges données et de deux symposiums sur le procédé d’analyse hiérarchique. Il a en outre présidé le comité de programme des 28e Journées de statistique (Québec, 1996), du congrès DeMoSTAFI (Québec, 2004), du 32e congrès annuel de la SSC (Montréal, 2004) et d’un atelier sur les modèles de copules au Centre de recherches mathématiques (CRM, Montréal) plus tôt cette année.
 
Christian a en outre d’éloquents états de service en matière d’édition scientifique. Il a été rédacteur en chef de la RCS (1998-2000) et a dirigé des numéros spéciaux, tant pour Insurance: Mathematics and Economics (2005, 2009) que pour la RCS (2005). Il a aussi été membre du comité de rédaction de diverses revues, dont la RCS (1988-97, 2001-3), le Journal de la Société française de statistique (1999-2008), le Journal of Multivariate Analysis (2003- ), le Journal of Nonparametric Statistics (2005-8) et TEST (2002-4). Depuis 2000, il est l’un des directeurs de la collection de statistique et probabilités appliqués de Springer-France.
 
Enfin, Christian a agi à titre de consultant ou de personne ressource pour toutes sortes d’organismes. Il a notamment été membre du Comité consultatif des méthodes statistiques de Statistique Canada (1994-9), du Comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG (1991-4, président en 1993-4) et de jurys pour deux organismes subventionnaires québécois (FQRNT, FRSQ). Conférencier prisé, il a prononcé plus de 225 allocutions dans une quinzaine de pays et fait de fréquentes tournées dans les écoles secondaires et les cégeps pour promouvoir la profession.
 
Christian attribue une bonne partie de ses succès à ses parents, à sa famille et à ses collègues, qui l’ont toujours soutenu inconditionnellement. Ses collaborations de longue date avec Philippe Capéraà, Michel Gendron, Johanna Nešlehová, Bruno Rémillard, Louis-Paul Rivest et bien d’autres ont forgé des amitiés durables et, dans un cas, ont mené à l’amour. Dans leurs temps libres, Christian et Johanna aiment lire, aller au théâtre ou au cinéma, voyager, faire de la randonnée ou assister à des manifestations culturelles et sportives. Christian a aussi une passion pour l’histoire et a même commis quelques écrits à ce sujet avec un autre de ses amis, David Bellhouse. Pendant de nombreuses années, Christian a en outre été activement engagé dans sa paroisse et dans le baseball mineur à titre d’entraîneur et d’arbitre. Il est l’heureux père de trois jeunes adultes dynamiques et autonomes : Marianne, Arnaud et Vincent Genest.
 
Christian a reçu son prix lors du 39e congrès annuel de la SSC, tenu à Wolfville (N-É), du 12 au 15 juin 2011. Le certificat accompagnant sa médaille précise :
 
« À Christian Genest, en reconnaissance de ses remarquables contributions à l’analyse multivariée et à la statistique non paramétrique, notamment par l’élaboration de modèles et de méthodes d’inférence pour l’étude de la dépendance stochastique, la synthèse d’avis experts et l’aide à la décision multicritère, ainsi que pour les applications qu’il en a faites dans divers domaines dont l’assurance, la finance et l’hydrologie. »
 
Christian prononcera l’allocution du médaillé d’or au 40e congrès annuel de la Société, qui se déroulera du 3 au 6 juin 2012 à Guelph (ON). 

Prix pour services insignes

Prix pour services insignes de la SSC décerné à David A. Binder

David A. Binder

 Le prix pour services insignes 2011 de la SSC est conféré à David A. Binder, directeur général (retraité) de la Direction de la méthodologie de Statistique Canada. L’annonce en a été faite lors du congrès annuel de la Société, qui s’est tenu à Wolfville (N-É) du 12 au 15 juin. Cette distinction est décernée à un membre de la SSC qui a contribué de façon substantielle et pendant plusieurs années au fonctionnement ou à l’essor de la SSC. Le prix vise à récompenser le dévouement et le service à la statistique au Canada, tel que démontré par un service exceptionnel à la SSC.

Né au Royaume-Uni de réfugiés de guerre originaires d’Autriche et de Tchécoslovaquie, David et sa famille ont immigré au Canada, s’installant à Toronto lorsqu’il avait deux ans. David est resté à Toronto jusqu’à l’obtention d’un B.Sc. avec spécialisation en mathématiques, statistique et économie de la University of Toronto. Après avoir suivi quelques cours de cycle supérieur en statistique mathématique à temps partiel à Carleton, David est parti à Londres, en Angleterre, où il a décroché un doctorat en statistique du Imperial College of Science & Technology en 1977, sous la direction de David R. Cox et Ann F. S. Mitchell.
 
David a commencé sa carrière à Statistique Canada en 1971 comme technicien d’enquête. Au fil du temps, David a grimpé les échelons jusqu’à devenir Directeur général de la Direction de la méthodologie. Cette Direction était chargée d’offrir des services statistiques à tous les programmes du bureau et d’étudier les dernières techniques d’enquête. Il a interrompu sa carrière pendant trois ans (1973-6) pour poursuivre des études de cycle supérieur à la University of London au Royaume-Uni, puis pendant deux années de plus (1979-81) pour occuper un poste d’enseignement et de recherche à la Faculté d’administration de l’Université d’Ottawa. Pendant les quatre mois précédant son départ à la retraite en 2004, David a servi de conseiller principal à un statisticien en chef adjoint à Statistique Canada.
 
En dépit de ses nombreuses responsabilités à Statistique Canada, David a toujours su trouver le temps de contribuer à la profession, notamment au sein de la Société statistique du Canada. Au fil des ans, David a siégé à de nombreux comités de la SSC et en a présidé d’importants, y compris les comités d’élection, des prix, du recrutement, ainsi que le comité des régions et de la coopération avec la société. Il a aussi représenté l’Ontario au Conseil d’administration de la Société pendant quatre ans. En 2004, David a été élu président de la SSC, siégeant comme président désigné (2004-05), président (2005-06) puis président sortant (2006-07). Il a ensuite été le premier directeur exécutif de la Société de 2007 à 2010.
 
La vaste expérience de David, son large réseau de contacts, sa prévoyance et son talent pour la négociation ont bien servi la Société pendant toutes ces années. Il est un membre dévoué de la SSC qui sait travailler tout aussi bien à l’avant-scène qu’en coulisses pour réaliser la mission de la Société et étendre son influence au-delà de son champ d’action traditionnel. Pendant de longues années, David a été le porte-parole de la SSC auprès de l’Association des statisticiens américains. À titre de représentant de la SSC au comité des congrès de l’ASA, David a su promouvoir les intérêts de la SSC lors de la préparation d’un nouvel accord entre les sociétés commanditaires des congrès de statistique conjoints. À l’ASA, il a aussi été président du Groupe des méthodes d’enquête et membre du comité consultatif des congrès de statistique conjoints, du conseil des groupes, du comité consultatif de l’ASA auprès du Bureau du recensement des États-Unis, ainsi que du groupe d’experts de l’ASA appelé à examiner l’enquête sur l’emploi du Bureau américain des statistiques du travail. Par ailleurs, il a siégé à divers groupes chargés d’examiner les cadres statistiques de la Commission européenne.
 
Les exemples tangibles des prouesses de David au sein de la SSC abondent. Il a su diriger des discussions approfondies sur l’accréditation et sur la gestion du secrétariat de la Société et lancer le débat quant à la participation des jeunes statisticiens au bon fonctionnement de la SSC. Il s’est toujours passionné pour ces activités et juge essentiel que la Société donne la priorité aux besoins des jeunes statisticiens. Pendant sa présidence, il a mis en place le programme A.Stat. et l’accréditation des cours universitaires après un long débat au sein du Conseil. David a supervisé la création du Groupe de probabilité et joué un rôle crucial dans l’introduction de nouveaux prix, notamment le prix pour l’impact du travail collaboratif et appliqué, aidant à mettre au point les critères du prix et présidant son premier comité de sélection. David a oeuvré en étroite collaboration avec le coordonnateur des congrès et le président du programme pour régulariser les protocoles de la SSC concernant l’organisation des congrès annuels. Il a été l’inlassable promoteur des initiatives de recherche collaborative entreprises par le PNSDC.
 
Pendant sa présidence, une transition administrative a eu lieu, la SSC ayant choisi d’avoir recours aux services du secrétariat de la Société mathématique du Canada. David s’est assuré d’aider le personnel à comprendre le détail des opérations de la SSC, la philosophie de notre Société, la gestion de nos congrès et le rôle des comités et de l’exécutif. Il a joué un rôle clé dans la rationalisation de la gestion quotidienne de la Société, offrant une stabilité essentielle pendant cette période de transformation. Il est alors devenu apparent que David était la personne la mieux placée à la SSC pour en assumer le poste de directeur exécutif. Ceux qui ont pu observer son travail savent qu’il ne se laisse pas décourager par l’ampleur de la tâche et qu’il sait toujours se montrer à la hauteur.
 
David A. Binder est un chercheur accompli qui a largement contribué aux techniques d’enquête et à leurs applications. Il a publié plus de 35 articles de recherche dans des revues à comité de lecture, plus de 40 publications dans des travaux de congrès et plus de 15 rapports et autres publications. Ses articles ont paru dans les meilleures revues, dont Biometrika, Journal of the American Statistical Association, Techniques d’enquête et La revue canadienne de statistique. Il a été rédacteur adjoint de Techniques d’enquête et de La revue canadienne de statistique en plus d’éditer les actes de plusieurs congrès. David a siégé au Comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG. Son leadership et ses contributions ont été récompensés par son élection à l’Institut international de statistique et sa nomination au rang de fellow de l’ Association des statisticiens américains.
 
David vit à Ottawa avec Marilyn, son épouse depuis près de quarante ans. Leur fille travaille à Vancouver dans le secteur de la technologie et se passionne pour la poésie orale et le ukulélé. À ses heures de loisir, David joue au bridge de compétition, lit les derniers romans primés et continue de parcourir les revues statistiques.
 
David est devenu membre de la SSC au début des années 1980. Il explique : « J’ai adhéré à la SSC parce qu’à l’époque, il n’y avait pas assez de membres non universitaires capables d’influencer la direction et les objectifs de la Société. » Il juge son travail bénévole au sein de la Société très gratifiant : « Ce travail m’a toujours énergisé, parce qu’il m’a permis de côtoyer des professionnels hautement compétents et motivés. »
 
La citation est la suivante :
 
« À David A. Binder, en reconnaissance de son dévouement exceptionnel et ses services hautement efficaces à la SSC, à titre de représentant international, de président et membre du Comité exécutif et directeur exécutif de la Société pour la période de 2004 à 2010; pour le leadership démontré tout au long de sa carrière en appui à la recherche et l'apprentissage de la science statistique au Canada. »

Lauréate du prix Pierre-Robillard

Prix Pierre-Robillard en statistique décerné à Gun Ho Jang

Gun Ho Jang

Gun Ho Jang est le récipiendaire du Prix Pierre-Robillard 2010 de la Société statistique du Canada. Ce prix est attribué à la meilleure thèse doctorale en probabilité ou statistique soutenue dans une université canadienne au cours de l’année.
 
La thèse de Gun Ho s’intitule : « Invariant Procedures for Model Checking, Checking for Prior-Data Conflict and Bayesian Inference ». Elle a été rédigée à la University of Toronto sous la direction de Michael Evans. Dans ses travaux, Gun Ho s’intéresse aux procédures invariantes en statistique, à savoir que les résultats d’analyses de données effectuées indépendamment par deux statisticiens sur la base d’une même théorie statistique et à l’aide des mêmes ingrédients statistiques sont les mêmes. Il propose des évaluations des hypothèses nulles uniques, sans aucune contre-hypothèse spécifique, qui sont applicables à la fois à la vérification des modèles et au contrôle des conflits de données préalables. Il explore ensuite les propriétés des inférences à surprise relative, une méthodologie d’inférence bayésienne invariante qui compare la variation entre les lois a priori et a posteriori, telle que la convergence et la normalité asymptotique.
 
Gun Ho est né à Boryoung, petite municipalité de la Corée du Sud, République de Corée. Il a entamé ses études en mathématiques et obtenu une maîtrise de l’Université nationale de Séoul. Il a commencé ses études doctorales au sein du programme de statistique de la University of Toronto en septembre 2006 et soutenu sa thèse en avril 2010. Il est actuellement boursier postdoctoral au Département de biostatistique et d’épidémiologie à la University of Pennsylvania, Philadelphie, États-Unis.
 
À propos de sa vie d’étudiant et d’époux, Gun Ho explique que face à la décision difficile d’aller étudier à l’étranger, sa femme, Jae Young Yu, l’a aidé à réfléchir clairement en lui disant : « si ton rêve est sérieux, poursuis-le pour ne rien regretter à la fin de ta vie ». Il ajoute avec beaucoup d’émotion : « Sans son soutien de tous les jours, je n’aurais jamais obtenu mon diplôme. Je tiens à lui dédier ma thèse et le Prix Pierre-Robillard. »
 
Parmi les critères de sélection du Prix Pierre-Robillard, retenons l’originalité des idées et techniques, les applications possibles et leur traitement, ainsi que l’impact potentiel du travail. Le prix honore la mémoire du professeur Pierre Robillard, un remarquable jeune statisticien à l’Université de Montréal dont la mort prématurée en 1975 a coupé court à ce qui promettait d’être une carrière exceptionnelle.

Prix CRM-SSC en statistique

Prix CRM-SSC en statistique décerné à Edward Susko

Edward Susko

Edward Andrew Susko, professeur au Département de mathématiques et de statistique de la Dalhousie University, est le récipiendaire 2011 du Prix CRM-SSC. Ed est à l’avant-garde du développement de méthodes probabilistes et statistiques en génétique et biologie computationnelle et il est reconnu comme un leader international. En plus de publications dans les principales revues statistiques, ses articles ont aussi paru dans d’autres revues spécialisées influentes (PNAS, Molecular Biology and Evolution, Journal of Theoretical Biology). Ses importantes contributions, très citées et reconnues comme fondatrices par divers experts mondiaux, incluent des travaux sur la phylogénétique statistique, la génomique comparative et l’évolution moléculaire. Ses récents résultats, concernant l’application de la méthode bootstrap à la phylogénétique, où elle est devenue l’outil computationnel sans doute le plus utilisé, et le développement de résultats théoriques liés à l’estimation de la vraisemblance, ont été décrits comme ayant le potentiel de transformer la pratique et l’interprétation de la phylogénétique moléculaire à l’échelle mondiale.

Originaire de la région de Windsor en Ontario, Ed a obtenu un baccalauréat en mathématiques de la University of Windsor en 1990. Il a ensuite rejoint la University of British Columbia, y obtenant une maîtrise en statistique en 1992. Son doctorat en statistique, décerné en 1996 par la University of Waterloo, lui a valu le Prix Pierre-Robillard de la SSC cette même année. Ed a toujours produit des travaux de recherche de la plus haute qualité. En 2001, il s’est vu décerner le prix du meilleur article de la RCS par la SSC. Plus récemment, Ed a été boursier du programme Biologie évolutive de l’ICRA (2005-2007).
 
Ed attribue son succès en grande partie à ses collaborations fructueuses et agréables avec Andrew Roger et d’autres membres de la vibrante communauté de la bioinformatique évolutionnaire à Dalhousie. Une famille bienveillante et plusieurs membres prévenants de la SSC ont joué des rôles importants dans ses années formatrices. Ed et sa femme, Tammy, aiment lire, marcher, faire du kayak et jouer au golf. Ils vivent à Bedford, en Nouvelle-Écosse, avec leurs deux enfants, Mark et Melissa, qui aiment camper, le cross-country, la natation, Le Rallye autour du monde et Mabinogi, mais pas nécessairement dans cet ordre.
 
Edward Susko est le treizième récipiendaire du Prix CRM-SSC. Les lauréats précédents sont : Christian Genest (Laval), Robert J. Tibshirani (Stanford), Colleen D. Cutler (Waterloo), Larry A. Wasserman (Carnegie-Mellon), Charmaine B. Dean (Simon Fraser), Randy R. Sitter (Simon Fraser), Jiahua Chen (Waterloo), Jeffrey S. Rosenthal (Toronto), Richard J. Cook (Waterloo), Paul Gustafson (UBC), Hugh A. Chipman (Acadia) et Grace Y. Yi (Waterloo).

Lauréats du prix de La revue canadienne de statistique

Prix de La revue canadienne de statistique décerné à Isabel Molina and J.N.K. Rao

Isabel Molina J.N.K. Rao 

Le prix de La revue canadienne de statistique est présenté chaque année par la Société statistique du Canada à l’auteur / aux auteurs d’un article publié dans la revue, en reconnaissance de la qualité exceptionnelle de l’innovation méthodologique et de la présentation de l’article.
 
L’article primé cette année s’intitule « Small area estimation of poverty indicators » (vol. 38, no 3, pp. 369-385), par Isabel Molina et J.N.K. Rao.
 
Les auteurs se proposent d’estimer des paramètres de population régionale non linéaires à l’aide de la (meilleure) méthode bayésienne empirique, sur la base d’un modèle d’erreurs imbriqué. Ils explorent les indicateurs de pauvreté comme étant des paramètres d’intérêt non linéaires particuliers, mais la méthodologie proposée est applicable aux paramètres non linéaires généraux. Ils emploient une méthode bootstrap paramétrique pour estimer l’erreur quadratique moyenne des meilleurs estimateurs empiriques. Ils déterminent aussi les propriétés de petit échantillon de ces estimateurs par des études par simulation à base de modèle et de plan. Leurs résultats montrent d’importantes réductions de l’erreur quadratique moyenne par rapport aux estimateurs directs pour la région et aux autres estimateurs obtenus par recensement simulé. Les auteurs appliquent aussi leur méthode à l’estimation de l’incidence et de l’écart de pauvreté dans les provinces espagnoles, par sexe, avec une erreur quadratique moyenne estimée par la méthode bootstrap paramétrique mentionnée ci-dessus. Dans le cas des données en provenance de l’Espagne, les résultats montrent une réduction significative de l’écart-type relatif pour les meilleurs estimateurs empiriques proposés par rapport aux estimateurs directs dans pratiquement tous les domaines. L’article élabore une méthodologie capable de fournir des résultats plus précis pour l’estimation régionale des indicateurs et écarts de pauvreté. L’application et la présentation des résultats sont remarquables.
 
Isabel Molina a été recrutée par le Département de statistique de l’Université Carlos III de Madrid à titre de professeure adjointe en 2003, où elle est aujourd’hui professeure agrégée permanente. Avant cela, Molina avait obtenu un baccalauréat (statistique, 1999) et un doctorat (statistique et recherche opérationnelle, 2003) de l’Université Miguel Hernández à Elche dans la province d’Alicante, Espagne. Ses travaux de recherche portent notamment sur l’estimation régionale, les modèles mixtes linéaires, les modèles mixtes linéaires généralisés et les techniques de rééchantillonnage, notamment le bootstrap. Récipiendaire du prix Ramiro-Melendreras de la Société statistique et de recherche opérationnelle d’Espagne (2001), Molina s’est également vu décerner un prix d’excellence par l’Université Miguel Hernández pour sa thèse doctorale (2005). Molina est membre active de la Société statistique et de recherche opérationnelle d’Espagne, où elle siège actuellement au Comité de liaison avec les entreprises.
 
J.N.K. Rao est professeur de recherche distingué à l’Université Carleton. Rao est un consultant régulier chez Statistique Canada et un membre de leur comité consultatif sur la méthodologie. Il s’est vu décerner un doctorat honorifique en mathématique par la University of Waterloo en 2008. En matière d’échantillonnage d’enquête, il s’intéresse notamment à l’estimation régionale, aux données manquantes et à leur imputation, aux méthodes de vraisemblance empiriques, aux méthodes de rééchantillonnage pour l’estimation de la variance, à l’analyse des données de sondage, aux sondages à bases multiples et aux questions relatives à l’inférence. Outre ses nombreuses et éminentes publications de recherche, Rao est l’auteur de l’ouvrage, paru en 2003 chez Wiley, intitulé Small Area Estimation. Récipiendaire du prix Waksberg (2004) en méthodes d’enquête, il s’est aussi vu décerner la Médaille d’or de la Société statistique du Canada (1993). Rao est l’un des chercheurs hautement cités par l’IIS en sciences mathématiques. Il est compagnon de la American Statistical Association, de l’Institute of Mathematical Statistics et de la Société royale du Canada.

Prix pour impact de la SSC

Prix pour impact de la SSC décerné à Francis Zwiers

Francis Zwiers

Lors de son congrès annuel à Wolfville (N-É) du 12 au 15 juin, la Société statistique du Canada a annoncé que Francis Zwiers est le récipiendaire 2011 de son prix pour l’impact du travail collaboratif et appliqué. Ce prix salue les contributions exceptionnelles de membres de la SSC à des travaux de recherche de nature appliquée réalisés en collaboration, dont l’importance découle principalement de son impact relativement récent sur un organisme ou dans un domaine du savoir autre que la statistique.
 
Cette année, le prix est décerné à Francis Zwiers
 
« en reconnaissance de sa recherche d’avant-garde à l’intersection de la climatologie et de la statistique; pour ses contributions fondamentales au développement de méthodes statistiques pour les études climatiques; pour ses réalisations nationales et internationales en climatologie; et pour ses services insignes au public. »
 
Né le 21 avril 1951 à Steenwijk, dans la province néerlandaise d’Overijssel, Francis a émigré au Canada avec ses parents en 1956. Il a obtenu un B.Math. en statistique et informatique de la University of Waterloo en 1974. Il a ensuite déménagé dans l’est du pays pour poursuivre ses études, décrochant une M.Sc. en théorie de l’échantillonnage de la Acadia University en 1976 et un Ph.D. en analyse des séries chronologiques de la Dalhousie University en 1980.
 
Environnement Canada, où Zwiers a passé la plupart de sa vie professionnelle, lui a fourni d’excellentes possibilités de recherche, de travail administratif et de mentorat. De 1984 à 2006 il a été chercheur scientifique à la Direction de la recherche climatologique, grimpant les échelons du niveau RES-02 au niveau RES-05. Francis a été Chef intérimaire (2000-01) puis Chef (2001-06) du Centre canadien de la modélisation et de l’analyse climatique de la Direction de la recherche climatologique. Il a aussi été le Directeur (2006-10) de la Direction de la recherche climatologique. Dans le monde universitaire, il a été professeur adjoint à la University of Saskatchewan (1981-84) et professeur associé à la University of Victoria (1995-2008, 2010-aujourd’hui), à la University of Toronto (2010-aujourd’hui) et à la Simon Fraser University (2010-aujourd’hui). Depuis 2010, Zwiers est directeur et professeur au Pacific Climate Impacts Consortium à la University of Victoria.
 
Zwiers est l’auteur ou le coauteur de plus de 100 articles de recherche et chapitres d’ouvrages sur des sujets divers en climatologie et statistique. Ses travaux sont cités en moyenne plus de 33 fois chacun. Francis est le coauteur (avec Hans von Storch) de la monographie Statistical Analysis in Climate Research (Cambridge University Press, 1999). Cette monographie est devenue la référence standard de la méthodologie statistique en climatologie. Vivement intéressé par le mentorat, Francis a supervisé ou participé au comité de direction de plus de trente étudiants aux cycles supérieurs et boursiers postdoctoraux.
 
Francis Zwiers est connu dans le monde entier comme chef de file de techniques statistiques novatrices permettant d’étudier divers problèmes épineux relatifs au changement climatique : détection et attribution du changement dans le système climatique, analyse des extrêmes de température et de précipitation dans le climat actuel et futur, prédictibilité et variabilité du climat, prévision saisonnière et quantification des incertitudes liées aux prévisions des modèles climatiques mondiaux. Ses études ont contribué à nos connaissances fondamentales. Ainsi, ses récents travaux sur la détection et l’attribution ont permis de démontrer clairement l’influence humaine dans les changements observés dans un grand nombre de variables climatologiques à l’échelle globale et régionale : température et précipitation et leurs extrêmes, prévalence des orages atmosphériques et hauteur de vagues dans les océans du Nord, incendies de forêt au Canada, précipitation en latitude élevée et, plus récemment, extrêmes de précipitation. L’impact le plus durable des travaux de Francis tiendra sans doute au fait que les approches statistiques font désormais partie intégrante de nombreux aspects de la climatologie.
 
Sa carrière a notamment été marquée par sa capacité à vulgariser la climatologie et ses applications aux changements sociétaux. Il réussit à faire comprendre le rôle important que joue la science statistique pour établir la validité de nouveaux résultats de recherche. Les domaines scientifiques dans lesquels il travaille sont complexes et difficiles à comprendre pour les non-initiés, mais il sait transmettre l’essence des derniers résultats de recherche et leur complexité de manière à les rendre compréhensibles pour ses collèges scientifiques et le grand public, y compris les étudiants, les représentants du gouvernement, les décideurs et d’autres non-initiés. L’un de ses grands succès a été de rehausser le profil et la crédibilité de la climatologie canadienne ici et à l’étranger par son habileté à communiquer sa science. Ses publications, qui combinent climatologie et statistique, ont paru dans des revues prestigieuses telles que le Journal of Climate, Climate Dynamics, Nature et Science, et on leur doit d’avoir changé la façon dont est abordée la climatologie.
 
Zwiers travaille généralement en collaboration avec des collègues en climatologie et d’autres disciplines. Il oeuvre inlassablement pour l’application d’approches statistiques crédibles à la climatologie et encourage ses collègues en mathématiques et statistique à s’attaquer à des problèmes difficiles en climatologie par des approches novatrices d’analyse de données et de détection de l’attribution du changement climatique. Il a joué un rôle clé dans diverses collaborations scientifiques au Canada, comme le Réseau canadien de recherche en variabilité climatique financé par la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie.
 
Ses approches ont été adoptées dans diverses activités et organisations scientifiques telles l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et le Programme mondial de recherches sur le climat (PMRC). Dans ce dernier programme, Francis a été un ardent défenseur du développement et de l’application d’approches statistiques solides pour la comparaison des modèles climatiques afin d’évaluer les modèles et leurs résultats. Dans le GIEC, il a codirigé la rédaction du chapitre du quatrième Rapport d’évaluation présentant les preuves à l’appui de l’opinion du GIEC selon laquelle le réchauffement observé ces 50 dernières années est très probablement dû aux influences humaines sur le système climatique. À titre de coprésident de l’équipe d’experts sur la détection et les indices du changement climatique (ETCCDI) créée par l’OMM, CCI, CLIVAR et JCOMM, Francis a élaboré des approches statistiques permettant de développer des indices climatiques fondés sur la recherche canadienne en climatologie statistique. La technologie mise au point par l’ETCCDI a été transférée à des utilisateurs dans les services hydrométéorologiques du monde entier.
 
Zwiers a été un mentor efficace et motivant pour les étudiants, boursiers postdoctoraux et jeunes chercheurs qu’il a croisés dans les laboratoires gouvernementaux et à titre de professeur associé dans les universités de Victoria et Toronto, ainsi qu’à la Simon Fraser University.
 
Francis s’est vu décerner de nombreux prix pour ses travaux, dont le prix du Président de la Société canadienne de météorologie et d’océanographie, la médaille pour services insignes Patterson du Service météorologique du Canada, le prix de distinction de la Rencontre internationale sur la climatologie statistique et un prix de l’OMM pour services de long terme exceptionnels à la Commission de climatologie. Il est membre de la Société royale du Canada et de la American Meteorological Society.
 
Francis vit à Victoria avec son épouse Donna. Il a trois enfants diplômés en informatique et mathématique appliquée. À ses heures perdues, il photographie des oiseaux et autres sujets. Quand on lui demande comment il s’est intéressé à la statistique, il répond immédiatement : « C’est grâce au cours d’introduction de deuxième année donné par Jack Robinson à Waterloo. »
 

Francis Zwiers présentera l’allocution du prix pour impact de la SSC lors du congrès annuel 2012 de la Société, qui se tiendra du 3 au 6 juin à Guelph (ON).