Lauréats des prix en 2010


Membre honoraire de la SSC

Titre de membre honoraire de la SSC décerné à David R. Brillinger

David R. Brillinger

David R. Brillinger, professeur de statistique à l’Université de Californie à Berkeley, est dorénavant membre honoraire de la SSC. Cette nomination, qui a été rendue publique lors du congrès annuel de la Société tenu à Québec en mai 2010, souligne la carrière exceptionnelle du professeur Brillinger et sa contribution au développement de la statistique au Canada. 

David Ross Brillinger est né le 27 octobre 1937 à Toronto. Il s’est inscrit à l’Université de Toronto en 1955 et a complété un B.A. spécialisé en mathématiques pures en 1959, tout en étant lieutenant de vaisseau dans la Réserve navale du Canada. Il a été l’un des cinq gagnants du concours mathématique Putnam en 1958. Il a ensuite poursuivi sa formation en mathématiques à l’Université de Princeton, où il a obtenu un M.A. en 1960 et un Ph.D. en 1961 ; il a rédigé sa thèse sous la direction de John W. Tukey.
 
De 1962 à 1964, David a partagé son temps entre une charge d’enseignement en mathématiques à Princeton et un poste de chercheur aux Laboratoires Bell à Murray Hill, au New Jersey. En 1964, il a été nommé « Lecturer » et est devenu deux ans plus tard « Reader » en statistique à la London School of Economics. Après une année d’étude et de recherche à Berkeley en 1967-8, il y est retourné en 1970 à titre de professeur titulaire de statistique, poste qu’il détient toujours. Au cours de sa carrière, il a encadré 40 doctorants et publié plus de 220 articles dans une multitude de livres, revues et actes de congrès scientifiques.
 
La carrière de David est exemplaire en tout point. Ses contributions à la théorie des séries chronologiques et des processus ponctuels ont été marquantes. D’une ampleur exceptionnelle, ses travaux méthodologiques ont été réalisés dans un souci constant des applications. Ses techniques d’analyse des suites de potentiels d’action sont très connues en neurophysiologie et ses outils de modélisation des risques de séisme le sont tout autant en séismologie. Plus récemment, David a contribué à l’essor de la statistique environnementale en élaborant des techniques pour le suivi des animaux et les risques d’incendie. Il a aussi commis quelques articles sur la statistique et les sports, notamment le hockey et le soccer.
 
Bien qu’il ait surtout fait carrière à l’étranger, David a toujours gardé un contact étroit avec le Canada et ses statisticiens. Il a servi la communauté à moult reprises et de bien des manières. Il a notamment été président de la SSC en 2001-2 et a été associé à La revue canadienne de statistique en tant que rédacteur adjoint (1977-88) et conseiller à la rédaction (1992-4). En plus d’avoir été membre de plusieurs comités de la SSC, il a longtemps siégé au Comité consultatif des méthodes statistiques de Statistique Canada (1982-91) et a complété deux mandats au Comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG (1977-80, 1987-90). Diverses universités et institutions canadiennes ont aussi fait appel à ses services comme évaluateur et conseiller, y compris l’Institut Fields (1992-8) et l’Institut des sciences mathématiques du Pacifique (1999-2005).
 
L’érudition de David et son dévouement envers les communautés mathématique et statistique canadiennes lui ont valu la médaille d’or de la SSC (1992), une nomination à la Société royale du Canada (1985) et des doctorats honoris causa des universités Western Ontario (1999), de Waterloo (2003) et McMaster (2008).
 
Tout aussi remarquable qu’ait été l’apport de David à la vie statistique canadienne, ceci ne représente qu’une fraction de l’ensemble des efforts qu’il a consacrés à la cause statistique. Il a notamment été président de l’Institut de statistique mathématique (1994-5) et de la Société internationale d’environnemétrie (2006-8). Membre de nombreuses commissions de spécialistes pour le compte d’organismes scientifiques ou subventionnaires internationaux, il a aussi été associé à divers titres (rédacteur en chef ou adjoint, expert conseil, etc.) à la collection statistique de Springer et ses « Lecture Notes in Statistics » (1976-87), ainsi qu’à 12 revues scientifiques : le Journal of the Royal Statistical Society, Series B (1968-9), The Annals of Mathematical Statistics (1970-2), The Annals of Probability (1972-8), The Annals of Statistics (1972-8), le Journal of Multivariate Analysis (1975-8), le Journal of Time Series Analysis (1979-87), le Journal of Theoretical Neurobiology (1980-7), Statistical Science (1984-7, 1994-8), International Statistical Review (1987-91), Chance (1987-93), Environmetrics (1990- ) et le Latin American Journal of Probability and Mathematical Statistics (2006- ).
 
Au plan international, les contributions de David lui ont mérité bien des honneurs, dont les titres de fellow de l’Institut de statistique mathématique (1969), fellow de l’Association des statisticiens américains (1972), membre élu de l’Institut international de statistique (1974), lauréat Guggenheim (1975-6, 1982-3), conférencier IMS Medallion (1974, 1979), fellow de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (1983), conférencier Wald (1983), lauréat du prix R.A.-Fisher (1991), fellow de l’Académie américaine des arts et des sciences (1993), lauréat du prix Parzen d’innovation en statistique (2001), membre étranger de l’Académie norvégienne des sciences et des lettres (2004), conférencier Neyman (2005) et membre étranger de l’Académie brésilienne des sciences (2006).
 
David est marié depuis 49 ans à Lorie, que plusieurs ont rencontrée lors des congrès de la SSC. Ils ont eu deux fils. L’aîné, Jef, est décédé après quinze ans de lutte contre le cancer. Le cadet, Matt, vit à Ottawa avec son épouse et trois enfants qui adorent patiner. David, dont le petit-fils de huit ans joue au hockey, est partisan des Maple Leafs de Toronto depuis l’âge de trois ans et il n’hésite pas à afficher ses couleurs, même en Californie. Lors d’un banquet de la SSC, il y a quelques années, il avait prononcé une allocution intitulée « Pourquoi je suis devenu statisticien » entre la poire et le fromage. Il paraît que ce serait parce que ses talents de hockeyeur laissaient à désirer (à l’époque où les Leafs excellaient !). David se plaît à dire que ses idoles d’enfance étaient ses quatre oncles, qui étaient tous chauffeurs de taxi à Toronto.
 
David a reçu son titre lors du congrès annuel de la SSC. Il a été élevé au rang de membre honoraire en reconnaissance… « de l’appui indéfectible manifesté au fil des ans envers la statistique et la science au Canada ; de ses contributions fondamentales à la théorie des séries chronologiques et des processus ponctuels et à leurs applications en séismologie, en géophysique et en biologie des populations ; de son dévouement envers la Société statistique du Canada, notamment à titre de président ; et pour ses nombreux mandats éditoriaux. »

Médaillé d'or de la SSC

Médaille d'or de la SSC décernée à Louis-Paul Rivest

Louis-Paul Rivest

La médaille d’or de la Société statistique du Canada est décernée cette année à Louis-Paul Rivest, professeur titulaire au Département de mathématiques et de statistique de l’Université Laval. Ce prix est le plus prestigieux offert par la SSC. Il vise à récompenser un probabiliste ou un statisticien canadien qui a contribué de façon substantielle au développement de sa discipline par des innovations d’ordre méthodologique et des applications. La médaille d’or honore des personnes exceptionnelles, qui sont de véritables chefs de file dans leur domaine. 

Originaire de Montréal, Louis-Paul a fait ses études de mathématiques à l’Université de Montréal (B.Sc., 1975; M.Sc., 1976) et à l’Université McGill (Ph.D., 1978). Sa thèse a été rédigée sous la direction d’Harold Ruben. De 1978 à 1981, Louis-Paul a été professeur adjoint au Département de statistique de l’Université de Toronto. Il a ensuite accepté un poste à l’Université Laval, où il a fondé un Service de consultation statistique peu après son arrivée. Promu au rang d’agrégé en 1984 et nommé titulaire en 1988, il occupe depuis 2004 une chaire de recherche du Canada en échantillonnage statistique et en analyse des données. Il a aussi été professeur invité à ETH Zürich (1987), à Cornell University (1995-6) et à l’Universidad Nacional de Costa Rica (2009).
 
La carrière de Louis-Paul a été marquée de très nombreuses réalisations en recherche, tant en statistique fondamentale qu’en statistique appliquée. Il a signé ou cosigné à ce jour quelque 80 articles méthodologiques et une quinzaine de plus dans des actes de congrès. Plusieurs de ses écrits ont paru dans les meilleures revues, dont La revue canadienne de statistique (11), Biometrics (9), JASA (5) et Biometrika (5). Il a également produit trois courtes monographies pour le compte du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, rédigé deux chapitres de livres et dirigé (avec Pierre Lavallée de Statistique Canada) un ouvrage collectif intitulé « Méthodes d’enquêtes et sondages : Pratiques européenne et nord-américaine. » À ce jour, il a encadré 47 étudiants de deuxième cycle, 5 doctorants et 4 stagiaires postdoctoraux.
 
Au-delà des chiffres, la carrière de Louis-Paul se caractérise par un très large éventail de contributions marquantes. Ses travaux en statistique directionnelle sont bien connus et couramment employés pour l’étude du mouvement relatif des plaques tectoniques. De même, les méthodes d’inférence semiparamétrique qu’il a développées avec ses collègues de Laval ont pavé la voie à de nombreuses applications des modèles de copules en actuariat et en finance. Plus récemment, il a également adapté l’approche par copules à la modélisation de données biomédicales multivariées sujettes aux phénomènes de censure et de troncation.
 
Louis-Paul travaille aussi depuis de nombreuses années en collaboration étroite avec des biologistes. Il a développé entre autres des techniques sophistiquées pour l’estimation d’une des plus grandes populations de cervidés sauvages au monde, le troupeau de caribous de la Rivière George, dans le nord du Québec. Ses travaux sur les méthodes de capture-recapture sont aussi très connus et intégrés au module « Rcapture » du gratuiciel statistique R.
 
Enfin, Louis-Paul est également réputé pour ses travaux en échantillonnage. En plus d’avoir développé des algorithmes de stratification et des méthodes d’estimation pour de petites régions, il est spécialiste du traitement des valeurs aberrantes dans les enquêtes et a signé (avec Jean-François Beaumont de Statistique Canada) un article de synthèse qui vient de paraître chez Elsevier dans le « Handbook of Statistics Vol 29: Sample Surveys, » publié sous la direction de D. Pfefferman et C. R. Rao.
 
Au fil des ans, Louis-Paul a servi la cause de la statistique de bien des manières, notamment au sein de la Société statistique du Canada. Il a été notamment président de la SSC (2000-1), président du Groupe des méthodes d’enquête (1996-7), président du Comité scientifique du congrès annuel tenu à Sherbrooke en 1998, ainsi que membre élu du Conseil d’administration (1987-9, 1999-2002), en plus de siéger à de très nombreux comités.
 
Louis-Paul s’est également démarqué par l’organisation de congrès internationaux (dont le Quatrième colloque francophone sur les sondages en 2005 et « Capture 2006, » tenus à Québec) et par de longs états de service auprès de la revue Techniques d’enquêtes (rédacteur adjoint depuis 1991) et de La revue canadienne de statistique, dont il a été rédacteur adjoint (1984-91, 1998-2007), rédacteur en chef adjoint (1991-4) et rédacteur en chef invité pour le numéro de mars 2008 sur les modèles de capture-recapture. De plus, Louis-Paul a été membre du Comité consultatif de Statistique Canada en matière de méthodologie (1988-94) et membre du Comité de sélection des subventions en sciences statistiques du CRSNG (1987-90).
 
Louis-Paul est reconnaissant à ses collègues de Laval, tant mathématiciens que statisticiens, pour l’ambiance de travail positive qui règne au département. Il attribue une grande partie de ses réalisations à son épouse Nicole, une avocate de Québec avec laquelle il partage sa vie depuis 1984, qui l’a toujours épaulé et qui l’aide à rester ancré dans la réalité. Ils ont trois grands enfants : Yannick, Nydia et Thierry.
 
Louis-Paul a eu le bonheur de recevoir son prix à Québec même, devant ses parents et amis, à l’occasion du congrès annuel que la Société y a tenu du 23 au 26 mai. Sur le certificat qui accompagnait sa médaille, on peut lire :« À Louis-Paul Rivest, en reconnaissance de ses contributions au développement de l’analyse multivariée, de la statistique directionnelle, de la méthodologie d’enquête et de l’inférence pour les modèles de capture-recapture, ainsi que pour les nombreuses applications qu’il en a faites dans différents domaines, dont la biologie, la biomécanique, l’écologie et la géophysique. »
 

Prix pour services insignes

Prix pour services insignes de la SSC décerné à Paul Cabilio

Paul Cabilio

Le prix pour services insignes est décerné cette année à Paul Cabilio, professeur émérite de mathématiques et de statistique à l’Université Acadia, Wolfville. Ce prix est décerné au plus une fois l’an à un membre de la Société statistique du Canada ayant contribué de façon substantielle et pendant plusieurs années au fonctionnement ou à l’essor de la SSC.
 
Paul Cabilio a d’abord étudié à l’Université McGill, à Montréal. Il a complété un B.Sc. en mathématiques en 1966 et a obtenu un M.Sc. en statistique en 1969, après avoir travaillé comme statisticien à la Commission géologique du Canada à Ottawa. Il a ensuite étudié sous la direction de Herbert Robbins à l’Université Columbia de New-York et a reçu son Ph.D. en statistique en 1973. À l’exception de sabbatiques à Haifa (1979–80), Rome (1986–87) et Ottawa (1994–5, 2001), il a fait toute sa carrière à Acadia et a pris sa retraite en 2007.
 
Spécialiste de la statistique non paramétrique et des méthodes fondées sur les rangs, Paul a publié dans certaines des meilleures revues, dont le Journal of the American Statistical Association, The Annals of Statistics et La revue canadienne de statistique. Il a été un grand défenseur de la discipline et a servi la SSC de bien des manières durant sa carrière.
 
Au sein de la SSC, Paul a été particulièrement actif dans l’organisation de congrès. Président du Comité d’organisation du congrès de 1993 à Wolfville, il est demeuré membre du Comité du programme jusqu’en 1996 et en a assumé la présidence par la suite. Il a été secrétaire des congrès jusqu’en 2002, tout en siégeant au Conseil d’administration à titre de représentant régional des provinces atlantiques pendant quatre ans (1994–8). Il a été réélu à ce poste en 2003. Il a ensuite été secrétaire exécutif de la Société de 2006 à 2009. Il a en outre été membre du comité de rédaction de Liaison et a longtemps été représentant local de la SSC à Acadia.
 
Ses états de service auprès de son employeur sont tout aussi éloquents. Paul a siégé au Conseil d’administration d’Acadia de 1996 à 1998 et au Sénat pendant quatre mandats. Il a été membre de nombreux comités au sein de l’université et de l’Association des professeurs, qu’il a présidée en 1980–1. Il a en outre été directeur de son département à trois reprises (1988–94, 2002–3, 2004–6) et doyen par interim en 2003–4.
 
Paul est marié à Juta depuis 41 ans. Ils se sont rencontrés à McGill. Leur fils Adrian est informaticien à Toronto et leur fille Nora est actuellement résidente en médecine à Charlottetown. Paul est un amateur de canoë, de randonnée et de camping sauvage. Il adore jardiner et il possède une serre où il fait pousser des orchidées exotiques.
 
Ceux d’entre nous qui ont eu la chance de travailler avec Paul connaissent son dévouement. Logique, concis, efficace, il se prépare toujours avec soin et est doté d’un bon jugement. Il sait faire valoir son point de vue avec tact et conviction. Son sens de l'humour est particulièrement apprécié.
 
Paul a reçu son prix lors du congrès annuel de la SSC tenu à Québec du 23 au 26 mai. Il lui a été remis« en reconnaissance de son engagement envers la SSC et de ses nombreuses années de travail bénévole pour l’organisation, dans un constant souci du détail. »

Lauréate du prix Pierre-Robillard

Prix Pierre-Robillard en statistique décerné à Michelle Qian Zhou

Michelle Qian Zhou

Michelle Qian Zhou est la lauréate 2009 du prix Pierre-Robillard de la Société statistique du Canada. Le prix récompense la meilleure thèse en probabilités ou en statistique soutenue au cours de l’année dans une université canadienne.

La thèse de Michelle s’intitule « Information matrices in estimating function approach: Tests for model misspecification and model selection. » Elle a été rédigée à l’Université de Waterloo sous la direction de Mary E. Thompson et Peter X.-K. Song. Dans ses travaux, Michelle s’est intéressée aux situations où l’efficacité des estimateurs des paramètres structuraux d’un modèle pourrait être affectée si la matrice de covariance est mal spécifiée. Pour détecter d’éventuels problèmes de ce type, elle a conçu des tests fondés sur la comparaison de deux matrices d’information. Elle a examiné le comportement asymptotique de ces tests et a étudié leur puissance par simulation. Elle a aussi proposé des outils permettant de choisir la meilleure structure de covariance possible au sein d’une classe donnée. Elle a ensuite comparé ces techniques de sélection à des méthodes existantes par des simulations et des analyses de données.

Michelle est née à Tianjin, l’une des quatre municipalités autonomes de République populaire de Chine. Elle a fait ses études de premier cycle à l’Université des sciences et technologies de Chine à Hefei (province d’Anhui). Elle a entrepris ses études doctorales à l’Université de Waterloo en janvier 2006 et a soutenu sa thèse en août 2009. Elle est actuellement stagiaire postdoctorale au Département de biostatistique de l’Université Harvard.

En entrevue, Michelle souligne que son père a joué un rôle déterminant dans sa vie. «Il avait à cœur que je sois une citoyenne à part entière et que je contribue au mieux-être de la société dans son ensemble. Il m’a motivée à toujours donner le meilleur de moi-même. Hélas, il est décédé d’un cancer quand j’avais 18 ans. J’aimerais lui dédier ma thèse et le prix Pierre-Robillard.»

Le choix du lauréat du prix Pierre-Robillard tient compte de l’originalité des idées et des techniques employées dans la thèse, de leur intérêt et de leur traitement au vu des applications, ainsi que de l’impact pressenti des travaux. Le prix honore la mémoire du professeur Pierre Robillard, jeune statisticien d’un dynamisme exceptionnel à l’emploi de l’Université de Montréal, dont la mort tragique en 1975 a coupé court à ce qui promettait d’être une illustre carrière.


Prix CRM-SSC en statistique

Prix CRM-SSC en statistique décerné à Grace Y. Yi

Grace Y. Yi

Grace Y. Yi, professeure au Département de statistique et d’actuariat de l’Université de Waterloo, est la lauréate du Prix CRM-SSC 2010. Depuis l’obtention de son doctorat il y a 10 ans, elle a largement contribué à l’élaboration de méthodes statistiques adaptées aux études longitudinales et aux durées de vie, notamment en lien avec le traitement des valeurs manquantes et des erreurs de mesure. Ses travaux sur le comportement asymptotique des méthodes d’inférence paramétrique et semi-paramétrique ont été influents en statistique et en biostatistique.

Grace a étudié les mathématiques à l’Université de Sichuan, en République populaire de Chine, où elle a obtenu un B.Sc. en 1986 et un M.Sc. en 1989. Elle est ensuite venue étudier la statistique au Canada. Elle a reçu un M.A. de l’Université York en 1996 et a complété son doctorat à l’Université de Toronto en 2000, sous la direction de Don Fraser. Après un stage postdoctoral avec Richard J. Cook, elle a été nommée professeur adjoint à l’Université de Waterloo en 2001. Elle a été agrégée en 2004 et sera titulaire à compter du premier juillet prochain. En 2004, Grace a été boursière du programme d’appui aux professeurs universitaires du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. Cet organisme finance ses travaux de recherche depuis le début de sa carrière.

Grace a contribué de façon considérable au développement de la théorie et de méthodes pertinentes pour les applications dans le domaine de la santé et de la recherche médicale. Elle a été conférencière invitée dans de nombreux congrès nationaux et internationaux, dont le Congrès annuel de la Société statistique du Canada, les « Joint Statistical Meetings, » le Symposium de Statistique Canada, les rencontres de la Société internationale de biométrie et celles de l’Association internationale des statisticiens chinois. Elle a été membre du comité de rédaction de La revue canadienne de statistique et du Journal of Applied Probability and Statistics. Grace a aussi agi à titre d’expert conseil en biostatistique et en méthodologie de recherche pour la Fondation canadienne du cancer du sein - Région de l’Ontario, en plus d’avoir fourni des avis sur les aspects biostatistiques de diverses demandes de financement soumises à l’organisme. Elle est souvent amenée à se prononcer sur des projets d’articles et des demandes de subvention. À ce jour, elle a encadré 4 étudiants de maîtrise et 5 doctorants.

Grace dit devoir son succès à sa famille, qui l’a soutenue dans sa carrière, et à l’inspiration de collaborateurs et de collègues à l’Université de Waterloo. Elle se dit aussi redevable à son époux, Wenqinq He, professeur au Département des sciences statistiques et actuarielles de l’Université Western Ontario, collaborateur de longue date et soutien au plan personnel. Grace et Wenqinq ont un fils, Morgan, qui aime le hockey, la natation et les jeux de cartes, ainsi qu’une fille, Joy, qui adore le patinage artistique, le chant et la gymnastique.

Grce Y. Yi est la douzième lauréate du Prix CRM-SSC. Les lauréats précédents ont été Christian Genest (Laval), Robert J. Tibshirani (Stanford), Colleen D. Cutler (Waterloo), Larry A. Wasserman (Carnegie-Mellon), Charmaine B. Dean (Simon Fraser), Randy R. Sitter (Simon Fraser), Jiahua Chen (Waterloo), Jeffrey S. Rosenthal (Toronto), Richard J. Cook (Waterloo), Paul Gustafson (UBC) et Hugh A. Chipman (Acadia).


Lauréats du prix de La revue canadienne de statistique

Prix de La revue canadienne de statistique décerné à Lajos Horváth, Piotr Kokoszka, et Matthew L. Reimherr

Lajos
Horváth Piotr Kokoszka Matthew L.
Reimherr

Le prix de La revue canadienne de statistique est attribué annuellement par la Société statistique du Canada à l’auteur ou aux auteurs d’un article publié dans La revue, afin de souligner la qualité exceptionnelle de leur travail au plan de l’innovation méthodologique et de la présentation.

Le prix est attribué cette année à l’article intitulé «Two sample inference in functional linear models» (vol. 37, no 4, pp. 571-91), par Lajos Horváth, Piotr Kokoszka et Matthew L. Reimherr. L’article suggère une façon de comparer deux modèles linéaires dont les variables explicatives sont des fonctions et dont les variables réponses peuvent être des scalaires ou des fonctions. Dans de tels modèles, les vecteurs (ou matrices) de paramètres sont des opérateurs intégraux sur un espace de fonctions. Les auteurs montrent comment tester si ces opérateurs sont les mêmes dans deux échantillons indépendants. Leurs tests s’appuient sur des statistiques dont la loi limite est toujours une khi-deux, que les variables réponses soient des scalaires ou des fonctions. En plus de jouir de bonnes propriétés à taille finie, ces statistiques sont faciles à calculer à l’aide du module FDA de R. Dans l’article, l’approche est illustrée à l’aide de courbes de ponte de mouches méditerranéennes et de données provenant d’observatoires du magnétisme terrestre.

Lajos Horváth est né, a grandi et a étudié en Hongrie. Avant d’être affilié à l’Université de l’Utah, il a été stagiaire postdoctoral à l’Université Carleton de 1985 à 1987 sous la direction de Miklós Csörgő. Lajos est un chercheur très prolifique. Auteur ou coauteur de trois livres et de quelque 250 articles, il est spécialiste de la théorie asymptotique et de ses applications dans le cadre des séries temporelles, des processus empiriques et de l’analyse de données fonctionnelles.

Professeur au Département de mathématiques et de statistique de l’Université de l’Utah à Logan, Piotr Kokoszka est originaire de Pologne. Il a étudié les mathématiques appliquées à l’Université technique de Wrocław et la théorie des probabilités à l’Université de Boston. Il a été stagiaire postdoctoral à Salt Lake City et maître de conférence à l’Université de Liverpool avant d’occuper son poste actuel à compter de 2000. Il s’intéresse à la modélisation stochastique et à l’inférence statistique pour les séries temporelles et les données fonctionnelles, ainsi qu’aux applications en physique spatiale.

Matthew L. Reimherr est né et a grandi à Salt Lake City. Il a complété un B.S. en mathématiques et un M.S. en statistique à l’Université de l’Utah, sous la direction de Lajos Horváth. Il est actuellement doctorant au Département de statistique de l’Université de Chicago. Ses intérêts sont en séries chronologiques, en analyse des données fonctionnelles et en statistique génétique.


Lauréat du prix Lise-Manchester

Prix Lise-Manchester décerné à Raymond F. Currie

Raymond F. Currie

Le professeur Raymond F. Currie est le lauréat du prix Lise-Manchester pour 2010. Ce prix bisannuel est offert par la Société statistique du Canada pour rappeler l’intérêt marqué que feu Dr Lise Manchester portait à l’étude de sujets de société au moyen de méthodes statistiques. Le prix souligne l’excellence de travaux de recherche statistique portant sur des problèmes d’intérêt général et susceptibles d’influencer l’élaboration des politiques publiques au Canada.

Le prix est accordé cette année au professeur Currie, à titre de Directeur exécutif du Réseau canadien des centres de données de recherche (RCCDR), pour « ses qualités de chef et de visionnaire qui ont permis au réseau d’atteindre un haut niveau d’excellence dans la promotion et l’utilisation d’un large éventail de micro-données pour des travaux de recherche ayant influencé l’élaboration de politiques sociales et de santé au Canada. »

Le RCCDR regroupe 24 centres de données de recherche à travers le pays. Situés en milieu universitaire, les centres mettent à la disposition des chercheurs diverses sources de micro-données confidentielles, ainsi que les ressources informatiques et le soutien technique nécessaires à leur analyse. Au moins un analyste de Statistique Canada est présent dans chaque centre pour appuyer les chercheurs et garantir la confidentialité des données. Les centres offrent aussi des activités de formation et de diffusion par le biais de séminaires, d’ateliers, d’écoles d’été et de bourses.

Retraité depuis peu, le professeur Currie occupait le poste de Directeur exécutif du RCCDR presque depuis la fondation du réseau en 2001. Avec le haut degré d’énergie qu’on lui connaît, il a stimulé l’expansion du réseau, le faisant passer de 9 à 24 centres, et il a élaboré des politiques qui lui ont permis de revêtir un caractère vraiment national. Il a également piloté trois importantes demandes de subvention, qui ont toutes été couronnées de succès.

En 2005, un financement quinquennal conjoint de 1,6 million $ par an a été accordé au réseau par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada. Depuis 2008, une subvention de quatre ans de la Fondation canadienne pour l’innovation a permis de relier les centres par un intranet optique et d’améliorer la documentation des données d’enquête de Statistique Canada par la création de méta-données aux normes DDI 3.0 sur plus de 60 bases de données. Finalement, le RCCDR est sur le point de renouveler un contrat triennal de 1 million $ avec Ressources humaines et Développement des compétences Canada pour des travaux de recherche sur les politiques sociales. Depuis dix ans, le RCCDR a appuyé plus de 1200 projets et 2600 chercheurs, dont 1000 étudiants des cycles supérieurs. Il en a résulté plus de 1000 publications et de nombreuses avancées significatives en sciences sociales au Canada.

Le professeur Currie est né et a grandi à Winnipeg. Il est entré dans l’ordre religieux catholique franciscain à l’âge de 19 ans. Il a étudié la théologie au Québec, a été ordonné prêtre en 1960 et a exercé son ministère dans l’Ouest canadien jusqu’en 1967. Il est alors allé à New-York pour faire des études supérieures en sociologie à l’Université Fordham, où il a complété un M.A. (1969) et un Ph.D. (1973). Il est devenu professeur de sociologie à l’Université du Manitoba en 1972 et a quitté la prêtrise en 1973. Il a été par la suite directeur du Département de sociologie (1979-84) et Doyen de la Faculté des arts (1991-9).

Chercheur actif et administrateur de talent, le professeur Currie a également siégé à de nombreuses instances socio-économiques nationales en plus de faire du bénévolat à l’échelle locale. Il a reçu de nombreuses distinctions, dont un prix de « Contribution exceptionnelle» de la Société canadienne de sociologie et d’anthropologie (1994), un prix « Innovation en gestion » de l’Association canadienne du personnel administratif universitaire (1994), le prix du recteur Peter D. Curry soulignant des contributions remarquables à l’administration universitaire et au développement de l’Université du Manitoba (1999), la Médaille du Jubilé de la Reine Elizabeth II pour service public (2002), et le Prix pour services insignes (2007) de la Faculté des arts de l’Université du Manitoba. Il a été nommé Doyen émérite en 2000.

Le professeur Currie et son épouse Charlene vivent à Winnipeg, entourés de leur fille Katie, de leur fils Vincent, de sa compagne Sherri et de deux petits-enfants. Les lecteurs intéressés par la vie et la carrière de Raymond F. Currie peuvent consulter son autobiographie intitulée « Secure and Uncertain: A Father’s Story, » publiée en 2008 par Anderson House Press.


Prix pour impact de la SSC

Prix pour impact de la SSC décerné à Abdel H. El-Shaarawi

Abdel H. El-Shaarawi

Le professeur Abdel H. El-Shaarawi est le lauréat 2010 du prix de la SSC pour l’impact de travaux de collaboration et de recherche appliquée. Ce prix récompense un membre de la SSC dont les travaux ont eu une influence exceptionnelle au cours des dernières années sur un organisme ou dans un domaine du savoir autre que la statistique.

Le prix est accordé cette année au professeur El-Shaarawi « en reconnaissance de ses travaux de recherche avant-gardistes en contrôle statistique de la qualité des eaux et en environnemétrie, qui ont contribué à faire du Canada un chef de file de la recherche interdisciplinaire en statistique et en sciences de l’environnement. »

Abdel a joué un rôle déterminant dans l’émergence d’une collaboration pluridisciplinaire symbiotique entre statisticiens, environnementalistes, écologistes et responsables politiques. Il leur a permis de conjuguer leurs efforts en créant la Société internationale d’environnemétrie (SIE) et la revue Environmetrics, dont il a été respectivement président et rédacteur en chef fondateur. En cherchant constamment à explorer de nouvelles pistes de recherche, et notamment par ses travaux sur les aspects statistiques du contrôle de la qualité des eaux, Abdel a jeté les bases d’une collaboration durable entre les mathématiques, la statistique et les sciences de l’environnement ; il est devenu une figure de proue de l’environnemétrie, branche récente et en expansion rapide des sciences statistiques. Certains de ses travaux les plus récents ont eu un impact substantiel sur la gestion et la préservation des ressources hydrauliques, tant au plan international que national. Il a notamment joué un rôle dans des questions entourant l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs, le projet d’évaluation de l’indice canadien de la qualité des eaux, le programme d’évaluation nationale des systèmes d’aqueduc et d’égout dans les collectivités des premières nations, ainsi que l’initiative sur les normes agroenvironnementales nationales.

Abdel est né à Zagazig, en Égypte. Il a étudié les mathématiques à l’Université du Caire (B.Sc. 1964, M.Sc. 1968). Il est ensuite venu au Canada pour faire des études doctorales à l’Université de Waterloo. Il a soutenu en 1973 une thèse rédigée sous la direction de William F. Forbes et de Ross L. Prentice. Il a alors entrepris une carrière de chercheur au Centre canadien des eaux intérieures à Burlington (Ontario). À compter de 1980, il a aussi été professeur à temps partiel au Département de mathématiques et de statistique de l’Université McMaster, en plus d’être professeur associé à l’Université Western Ontario (1986-96) et à l’Université de la Colombie-Britannique (2001-5). Au cours de sa carrière, il a également été professeur invité à l’Université de Metz (France, 1983-4), à l’Università degli Studi di Genova (Italie, 2002-3) et à l’Université Sultan Qaboos (Oman, 2006-7). Il a en outre fait des séjours prolongés à l’Université du Koweït (1998, 1999), à Masarykova Univerzita Brno (République tchèque, 1998, 1999) et à l’Université du Roi Saud (Arabie saoudite, 2000).

Au cours de sa carrière, Abdel a signé plus de 100 articles dans des revues spécialisées, 12 textes dans des actes de congrès, 3 chapitres de livres et 17 autres publications à caractère scientifique. En plus d’avoir fondé la revue Environmetrics en 1989 et d’en avoir été le rédacteur en chef jusqu’en 2009, il a été co-rédacteur en chef de l’Encyclopaedia of Environmetrics, membre du comité de rédaction de 7 revues scientifiques et directeur de publication pour 10 ouvrages ou collections de travaux. Il a en outre encadré 10 étudiants de 2e cycle et 3 étudiants de 3e cycle à McMaster, un doctorant à l’Université de Metz et 4 stagiaires postdoctoraux. Enfin, il a organisé pas moins de 14 congrès en environnemétrie.

Remarquable par ses travaux et son engagement au service de la statistique, Abdel s’est mérité de nombreux prix et distinctions. En 2001, la SIE a créé le prix Abdel El-Shaarawi attribué annuellement à un statisticien de moins de 40 ans œuvrant dans le domaine de l’environnement. Abdel est membre élu de l’Institut international de statistique, compagnon de l’Association des statisticiens américains (ASA) et compagnon de la Société royale de statistique. Il a reçu le prix du 20e siècle pour services insignes à la cause de la statistique environnementale, la médaille d’honneur 1996 du Groupe de l’ASA pour la statistique et l’environnement, le prix de carrière 2008 des diplômés de la Faculté de mathématiques de l’Université de Waterloo, ainsi que le prix d’excellence du Gouvernement du Canada en 1995.

Abdel est marié à Sylvia Rose Esterby depuis 1976. Ensemble, ils ont fait de la recherche en environnemétrie et contribué à la création de la SIE. Ils ont eu deux filles, Nadia et Sarah. Nadia achève un doctorat en anthropologie médicale à l’Université Case Western Reserve de Cleveland, tandis que Sarah est en dernière année d’arts et d’études contemporaines à l’Université Ryerson de Toronto. Abdel est amateur de camping et de plein-air. Il adore les voyages, la marche et la lecture. Il s’intéresse aux affaires publiques, à l’histoire, et plus particulièrement à l’histoire et à la philosophie des sciences. Il pratique le squash et aime regarder les matchs de soccer et de tennis à la télé.

Pour de plus amples détails sur les travaux et la carrière d’Abdel, les lecteurs sont invités à lire l’article intitulé « A conversation with Abdel H. El-Shaarawi » publié dans Statistical Science, vol. 18 (2003), pp. 481-8.