Congrès annuel de 2006 à London
Étude de cas sur l’apnée obstructive du sommeil
Dernière modification : 2006-05-19
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Sommaire
Remerciements
Merci à Sharon Chung du département de psychiatrie de l’hôpital Western de Toronto, qui nous a fourni cette étude de cas, et à ses collaborateurs Negar Ahmadi et Colin Shapiro.
Pour toute question relative aux données, veuillez contacter Alison Gibbs, Département de statistique, Université de Toronto.
Résumé de l’étude
Contexte:
Questionnaire de Berlin relatif à l’apnée du sommeil administré à une population de clinique du sommeil : liens avec la mesure polysomnographique des troubles respiratoires
L’apnée obstructive du sommeil (AOS) se caractérise par une interruption de la respiration de plus de dix secondes pendant le sommeil et résulte en un arrêt de la respiration total ou partiel. En l’absence de traitement, le patient risque une mortalité accrue. Cela est principalement dû à la relation causale entre l’apnée du sommeil et la coronaropathie, la défaillance cardiaque, l’infarctus du myocarde, les accidents cérébrovasculaires, l’hypertension systémique et l’hypertension pulmonaire. L’impact socio-économique le plus grave de l’apnée du sommeil non traitée est une prévalence de trois à sept fois plus grande d’accidents d’automobiles chez les conducteurs souffrant d’apnée du sommeil non traitée. Parmi les autres conséquences de l’apnée du sommeil non diagnostiquée et non traitée, on peut citer une réduction de la qualité de vie, le dysfonctionnement cognitif, une diminution de la vigilance, des troubles de la concentration et de la mémoire, une tension mentale accrue, la dépression, l’épuisement, l’anxiété, des crises de panique nocturnes, des troubles généraux de l’humeur et la dysfonction sexuelle masculine.
La prévalence estimée de l’AOS varie en fonction du sexe et de l’âge. Chez les adultes d’âge moyen, l’apnée du sommeil d’intérêt clinique (indice de troubles respiratoires (RDI) > 10) touche environ 2-5 % des hommes et 2 % des femmes. On estime qu’environ 24 % des patients de soins primaires souffrent d’AOS. Chez environ un patient sur trois aiguillés vers les spécialistes du sommeil de l’hôpital Western de Toronto, on soupçonne une apnée du sommeil.
La polysomnographie de nuit et l’enregistrement des troubles respiratoires constituent les meilleurs moyens de diagnostiquer l’apnée du sommeil. Dans le passé, on jugeait préférable d’administrer deux nuits de tests polysomnographiques. En effet, la première nuit de sommeil en laboratoire (ou dans tout autre environnement étrange) se caractérise par une réduction de la quantité et de la qualité du sommeil. De plus, les études ont prouvé une variabilité d’une nuit à l’autre dans l’indice de troubles respiratoires, la variable respiratoire utilisée pour mesurer la présence et la sévérité de l’AOS. Sur la base d’une seule nuit de tests du sommeil en laboratoire, on signale que de 11 à 22 % des apnées du sommeil restent non diagnostiquées. Les tests du sommeil à domicile, où « l’effet de la première nuit » ne devrait pas être un facteur, montrent une proportion similaire de diagnostics manqués d’AOS sur la base d’une seule nuit d’enregistrements.
Cependant, le système des soins de santé a récemment ordonné qu’une nuit de tests suffirait plutôt que deux. Étant donné qu’une nuit supplémentaire est nécessaire pour déterminer les ajustements appropriés pour les patients qui ont besoin de traitement, les spécialistes du sommeil se voient forcés d’établir leur diagnostic sur la base d’une seule nuit d’enregistrements. Vu le risque accru de diagnostic manqué en de telles circonstances, l’entrevue clinique jouera désormais un rôle plus important dans l’identification des patients souffrant d’apnée du sommeil. Dans le cadre du processus de l’entrevue clinique, tous les patients de la clinique doivent compléter une batterie de questionnaires qui sont passés en revue par le spécialiste du sommeil au moment de la consultation médicale. Le questionnaire consiste en une variété d’échelles et d’instruments visant à dépister divers troubles du sommeil.
L’un des instruments de la batterie de questionnaire cliniques est le Questionnaire de Berlin (QB), une échelle permettant d’évaluer l’apnée du sommeil. Cette suite de 10 questions évalue le risque (haut ou faible) d’apnée du sommeil en fonction des réponses aux questions. Le questionnaire prend environ 5 minutes à compléter et pour les patients souffrant d’apnée du sommeil d’intérêt clinique, la valeur prédictive positive est de 0,97, la spécificité de 0,97 et la sensibilité de 0,54. En raison de la réduction du nombre de nuits de tests du sommeil, le Questionnaire de Berlin pourrait jouer un rôle plus important pour savoir si un patient est à risque d’AOS. Toutefois, seules quelques études publiées ont comparé les scores à l’échelle de Berlin à l’indice de troubles respiratoires (ou indice apnée-hypopnée), étalon de base du diagnostic de l’apnée du sommeil. En outre, aucune de ces études n’a utilisé une population de clinique du sommeil parmi laquelle la présence d’autres troubles du sommeil peut altérer la sensibilité et la spécificité du Questionnaire de Berlin pour l’apnée du sommeil.
Les patients souffrant d’apnée du sommeil présentent généralement des symptômes de somnolence journalière excessive et, surtout chez les femmes, se plaignent davantage d’insomnie ou d’épuisement. Cliniquement, l’échelle de somnolence d’Epworth (mesure largement usitée de la somnolence journalière excessive) peut constituer un outil supplémentaire utile pour aider à identifier les personnes risquant de souffrir d’apnée du sommeil. Vu les différences entre les sexes, l’échelle de sévérité de la fatigue (instrument utilisé pour mesurer l’épuisement dans diverses populations de patients) et l’échelle d’insomnie d’Athènes (instrument développé pour dépister l’insomnie) seraient très utiles pour aider à identifier les femmes qui risquent d’être écartées sur la base des critères habituels. Aucune étude de la littérature n’a vérifié si l’efficacité prédictive du Questionnaire de Berlin à identifier les personnes souffrant d’apnée du sommeil peut être améliorée par les résultats de l’échelle de somnolence d’Epworth, de l’échelle d’insomnie d’Athènes et de l’échelle de sévérité de la fatigue.
Un outil de dépistage de l’apnée du sommeil a de l’importance au-delà de la médecine du sommeil. De même que pendant le sommeil, une réduction ou cessation du flux d’air peut se produire chez les patients souffrant d’AOS dont le système nerveux central est déprimé à la suite de l’administration de sédatifs ou d’agents anesthétiques. Toutefois, contrairement au sommeil normal, les mécanismes de défense (comme le réveil) qui aident à surmonter l’hypoxie sont supprimés pendant l’anesthésie. Par conséquent, des complications respiratoires critiques ont été signalées dans la période péri-chirurgicale et post-chirurgicale chez les patients souffrant d’apnée du sommeil grave non diagnostiquée. Dans le cadre d’une anesthésie, il serait très utile de pouvoir dépister l’apnée du sommeil à l’aide du Questionnaire de Berlin afin d’aider à prévenir les complications péri- et post-chirurgicales. Actuellement, les chercheurs en anesthésie de l’hôpital Western de Toronto aimeraient développer une version abrégée du Questionnaire de Berlin comme outil rapide de dépistage pour tous les patients devant subir une intervention chirurgicale. Il serait souhaitable à ces fins de savoir quels éléments du Questionnaire de Berlin sont plus prédictifs d’un risque accru d’apnée du sommeil.
Toutes les questions susmentionnées doivent être explorées avant que l’échelle du Questionnaire de Berlin ne puisse servir d’outil fiable pour identifier les personnes les plus à risque de souffrir d’apnée du sommeil, non seulement en clinique du sommeil, mais également dans d’autres environnements cliniques. L’objectif de cette étude est de comparer les résultats du Questionnaire de Berlin à ceux de la polysomnographie nocturne chez les patients qui ont subi deux nuits de tests du sommeil. Étant donné que le système de soins de santé a indiqué qu’une seule nuit de tests diagnostics du sommeil est préférable, il est nécessaire d’étudier si le Questionnaire de Berlin est plus prédictif de l’apnée du sommeil en fonction de la première, de la seconde ou des deux nuits de dépistage d’apnée du sommeil. L’un des objectifs de l’étude est de considérer si les mesures subjectives de somnolence, d’insomnie et d’épuisement peuvent jouer un rôle adjoint utile pour améliorer l’efficacité prédictive du Questionnaire de Berlin. Un autre objectif sera d’établir s’il est faisable d’abréger le Questionnaire de Berlin en déterminant si certains éléments spécifiques de l’échelle sont plus prédictifs de l’apnée du sommeil avec une plus grande sensibilité et spécificité. Enfin, puisqu’il a été suggéré que la présentation de l’apnée du sommeil est différente chez les hommes et chez les femmes, les différences entre les sexes quant à la sensibilité et à la spécificité du Questionnaire de Berlin doivent être étudiées.
Objectifs :
Les objectifs de cette étude sont les suivants :
- Déterminer la sensibilité et la spécificité du Questionnaire de Berlin par rapport aux conclusions de troubles respiratoires sur la base d’une ou de deux nuits d’enregistrements polysomnographiques dans une population de clinique du sommeil.
- Identifier les questions du Questionnaire de Berlin qui sont les plus prédictives de l’apnée du sommeil, en vue de développer une version abrégée du questionnaire.
- Étudier si les différences entre les sexes modifient la sensibilité et la spécificité du Questionnaire de Berlin.
- Déterminer si une batterie de questionnaires composée de l’échelle de somnolence d’Epworth et de l’échelle de sévérité de la fatigue en plus du Questionnaire de Berlin permettrait d’améliorer la sensibilité et la spécificité de l’identification exacte des patients souffrant d’apnée du sommeil.
Hypothèses :
Primaires : Dans l’ensemble, le Questionnaire de Berlin détectera l’apnée du sommeil dans une population de patients de laboratoire du sommeil avec un degré élevé de sensibilité et de spécificité. La seconde nuit de tests diagnostics montrera une plus grande corrélation avec les résultats du questionnaire.
Secondaires : Une version abrégée du Questionnaire de Berlin peut être développée pour n’inclure que les questions les plus prédictives de l’apnée du sommeil.
Tertiaires : Le Questionnaire de Berlin sera moins sensible et moins spécifique chez les femmes. L’utilisation de l’échelle d’insomnie d’Athènes et de l’échelle de sévérité de la fatigue, mais pas de l’échelle de somnolence d’Epworth, améliorera l’efficacité prédictive du Questionnaire de Berlin chez les femmes.
Méthodologie :
Il s’agit d’une revue rétrospective des dossiers de patients de clinique de sommeil qui ont complété le Questionnaire de Berlin relatif à l’apnée du sommeil en plus d’avoir subi deux nuits de tests du sommeil. Les dossiers de tous les patients ayant subi deux nuits de tests du sommeil et qui ont complété le Questionnaire de Berlin pendant une période d’un an sont inclus.
Description de l’ensemble de données :
Des données sont disponibles pour 133 sujets. Vous trouverez la description de toutes les variables ici.
Foire aux questions
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